L’orthographe la plus fréquente en zone germanophone est DÜRRHEIMER, parfois DURHEIMER. En zone francophone, l’orthographe la plus fréquente est DIRHEIMER, occasionnellement DIRRHEIMER. Mais aussi, notamment aux États-Unis, TIHEIMER ou IEHEIMER. Exceptionnellement BIRHEIMER ou DERHEIMER, mais dans ce dernier cas, il y a confusion avec un patronyme d’origine différente.
Auteur/autrice : Eric Malingue
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Les maîtres maçons du 17e siècle
Au 17e siècle le maître maçon est à la fois maçon, tailleur de pierre, architecte et maître d’œuvre. Il dirige son équipe dans un esprit paternaliste en veillant à la santé et à la moralité de chacun des membres. Mais il est aussi chef d’entreprise et l’interlocuteur des donneurs d’ordre.
Son cursus commence par apprenti puis compagnon, il doit alors voyager et travailler avec d’autres équipes, souvent dans différentes régions ou pays. Il peut, après un certain temps, devenir maître. Il lui faut pour cela obtenir l’aval d’autres maîtres et payer la charge. Le prix étant élevé, il est fréquent qu’un maître maçon soit le fils d’un autre maître maçon. C’est peut-être le cas de Marx qui est devenu maître jeune. Mais il est aussi possible qu’après la guerre il n’y ait pas eu beaucoup de candidats à ce poste.
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Les francs-maçons au 17e siècle
Au 17e siècle, la franc-maçonnerie est uniquement opérative, c’est-à-dire composée de travailleurs du bâtiment, à la différence de la franc-maçonnerie spéculative que l’on connaît aujourd’hui et qui débute au 18e siècle.
Née à l’époque des bâtisseurs de cathédrales, elle a pour objectif la conservation et la transmission d’un savoir et d’un savoir-faire acquis au cours des siècles.
Les loges ou guildes avaient des règles précises, au premier rang desquelles figuraient la solidarité, l’entraide, la tolérance et le secret.
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L’abbaye de Neubourg
L’abbaye cistercienne de Neubourg fut fondée en 1133 à Dauendorf, près d’Haguenau par douze moines venant de l’abbaye de Lucelle en Alsace.
Et c’est au 13e siècle que l’abbaye connaît son apogée.
Au cours des siècles suivants l’abbaye sera à plusieurs reprises détruite, par des guerres ou des incendies, puis reconstruite.
A la fin de la guerre de trente ans, elle est en ruine et la communauté est dispersée.
Dès la fin de l’année 1647 des travaux de reconstruction ont été entrepris, probablement sous la direction de Marx Dürrheimer et en 1650 les moines reviennent.
L’abbaye de Neubourg, comme toutes les abbayes cisterciennes, possède une église abbatiale, un cloître, une salle capitulaire, un réfectoire, un dortoir et un appartement pour l’abbé. A ces bâtiments viennent s’ajouter les pièces et bâtiments de service: Cuisine, forge, moulin, étables..
La restauration est lente, car les moyens de la communauté sont limités, cependant les moines mènent une vie luxueuse, loin des règles de saint Bernard
L’abbaye est définitivement détruite à la Révolution française.
Il ne subsiste aujourd’hui que le portail et une partie du mur d’enceinte.
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Le village de Dauendorf
Le village de Dauendorf, aujourd’hui Dauendorf-Neuboug, est situé à 12 km à l’ouest d’Haguenau, la ville la plus proche, et à 35 km au nord de Strasbourg qui est la métropole régionale depuis plusieurs siècles.
Le village de Dauendorf est entouré de collines, propices aux labours, et au nord-est coule la Moder sur les rives de laquelle était construite l’abbaye de Neubourg.
La Moder, affluent du Rhin, alimentait le moulin et la scierie de l’abbaye

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La ville d’Haguenau
Fondée en 1115 autour d’un château bâti sur une île de la Moder Haguenau fut pendant 3 siècles le chef lieu de la décapole.
La décapole, crée en 1354, a été l’alliance de 10 villes alsaciennes pour leur garantir une assistance réciproque contre les menaces extérieures et faciliter les relations entre les membres.
Cette organisation assurera stabilité et prospérité à la ville jusqu’à la guerre de trente ans.
Après avoir été très affectées par la guerre, les villes de la décapode deviendront française en 1648 et retrouveront progressivement leur prospérité.
La décapole sera officiellement dissoute en 1789.
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Le métier de charpentier au 17e et 18e siècle
Le métier de charpentier au 17 et 18ème siècle


Le charpentier (faber lignaris en latin) travaille le bois. Il gère toute la filière, depuis l’abattage des arbres jusqu’à la confection de produits finis. Il produit des poutres et des planches et conçoit puis réalise les charpentes des édifices et des meubles simples.
En Alsace, beaucoup de maisons sont composées d’une ossature en bois, un hourdage venant combler les espace vides.
Le maître charpentier est alors l’architecte, le maître d’œuvre et le fabricant de la maison. Il va construire, selon les souhaits du propriétaire, une maison en principe démontable.
Ces maisons démontables ont longtemps été considérées comme des biens meubles et non immobiliers, elles étaient alors dispensées des taxes foncières.

Le charpentier travaille également pour le maître maçon. Il réalise les coffrages des voûtes et des ouvertures, et bien sûr, la charpente qui va recevoir la couverture.
Au 18e siècle certains charpentiers se spécialisent dans la confection et les réparations de chariots. Ces charrons sont qualifiés dans les actes en latin de ʺcarpentariusʺ . Ils travaillent le bois pour faire des pièces spécifiques et complexes, mais aussi le fer.
Les charpentiers étaient organisés en corporation. Toute la vie professionnelle des membres se faisait au sein de la corporation ; apprenti, compagnon et parfois maître restaient dans la même ville.
Il y avait, contrairement aux maçons, peu d’échanges entre les corporations
Les compagnons et les apprentis exercent les fonctions de bûcheron (pour abattre les arbres nécessaires aux travaux prévus), de charpentier ( pour construire les maisons et les charpentes ) et de menuisier ( pour poser les planchers, les portes et réaliser le mobilier simple)
Au 18e siècle les moines de l’abbaye de Neuboug disposent d’une scierie à eau pour produire des planches, mais les moines font appel à des ébénistes de Strasbourg pour le mobilier de luxe.
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Hujatis
Le terme hujatis suivant le nom d’un métier, ne figure pas dans les dictionnaires latins. Il s’agit d’une contraction de hujus locatis: en ce lieu. Les mots civis hujatis fréquemment rencontrés dans les registres paroissiaux signifient habitant ce village.
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L’école au 18 e siècle en Alsace
Parmi les descendants de Jean Bernard Dürrheimer il y a peu de paysans. La plupart sont artisans : maçon, charpentier, tisserand, peintre ou tonnelier…
Tous ces artisans savent signer leur nom, ils sont tous allé à l’école.
Les enfants d’artisans allaient à l’école de 6-7 ans à 10-12 ans avant de commencer leur apprentissage, alors que les enfants de paysans qui commençaient à travailler à la ferme dès 5 à 6 ans étaient moins scolarisés.
Il y a dans la famille de Jean Bernard plusieurs maîtres d’école qui ont enseigné à Dauendorf.
Le taux d’alphabétisation était, en Alsace, nettement supérieur à la moyenne française à la fin du 18e ,siècle 80ù% des garçons et 50% des filles savaient lire et écrire.
L’école à cette époque se faisait le plus souvent au domicile du maître, parfois il existait un bâtiment spécialement dédié à l’école.
Les maîtres étaient choisis par les autorités civiles et religieuses avec l’avis des parents d’élèves. Ils étaient généralement exonérés d’impôts.
Il n’y avait pas, en France, de formation spéciale, le futur maître d’école devait savoir lire, écrire et compter, et devait avoir une bonne moralité.
L’école comptait habituellement 3 niveaux.
Le premier pour apprendre à lire et à écrire, le plus souvent en allemand, et à compter.
Le second pour poursuivre l’apprentissage de la lecture et de l’écriture en allemand et en français et apprendre les quatre opérations.
Le troisième pour parfaire les connaissances en langue, en arithmétique et en géométrie
Contrairement à la France, en Allemagne, les maîtres étaient formés dans des universités pédagogiques et en Suisse dans des écoles normales.
Les enseignants germanophones de ces pays étaient appréciés en Alsace.
Ainsi Jean Georges Leibenguth, qui épousa Marie Catherine Dürrheimer et fut maître d’école à Dauendorf était le fils d’un maître d’école qui venait du canton de Berne en Suisse.
Signature de Jean Georges Leibengutt
Urbain Bemetzrieder, qui épousa Marie Catherine Leibenguth et fut maître d’école à Dauendorf venait de Bavière.
Signature d’Urbain Bemetzrieder
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Le Banat
Le BanatLe Banat est une vaste région située au sud-est de la Hongrie. Elle a été occupée par les turcs au 16e siècle puis reconquise par les autrichiens et annexée au territoire hongrois par l’empereur Charles VI et le traité de Passarowitz en 1718.
Le territoire est alors dévasté, avec une population réduite à moins d’un million d’habitants pour une surface de 28 000 km² (la moitié de la France), toute activité a disparu.
Pour le repeuplement, l’empereur fait appel à des étrangers allemands, alsaciens et lorrains. La zone est en friche et marécageuse. Ces premiers arrivants ont une tâche difficile, beaucoup meurent de la malaria, mais en quelques années la région devient une plaine fertile. Cette vague de repeuplement prit fin avec la guerre de succession d’Autriche de 1741 à 1748.
Le repeuplement du Banat est repris par l’impératrice Marie-Thérèse. Elle propose aux nouveaux arrivants qui doivent être catholiques et de préférence germanophones des conditions exceptionnelles. Dans un village avec une église, un moulin et des commerces, chaque famille se verra offrir une maison de deux pièces avec le mobilier, plus cuisine et étable, plus 3 hectares de terre arable, 12 hectares de prairie et un jardin, le matériel agraire sera fourni. Ajouté à cela, les frais de transport sont pris en charge par l’autorité impériale et les fermiers seront exemptés de taxes fiscales pendant plusieurs années et les artisans plus longtemps encore.
Il fallait, à cette époque, environ un mois pour aller de Dauendorf à Glogonj